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24 juin 2026Lecture : 6 min

Ce que coûte vraiment un site « gratuit »

Aucun site n’est gratuit. Ce qui est gratuit, c’est le prix affiché — le coût réel se paie ailleurs : en abonnement mensuel, en temps passé, en clients perdus, ou le jour où vous voulez partir. Voici le calcul, poste par poste.

Ce n’est pas un article contre les solutions gratuites. Elles ont leur place, et on l’a écrit ailleurs. C’est un article pour que vous sachiez ce que vous payez réellement, avant de décider.

Le cas n° 1 : la formule gratuite d’une plateforme

Wix, WordPress.com, Google Sites et les autres proposent tous une offre à zéro euro.

Ce que vous obtenez : une adresse du type votreentreprise.wixsite.com/monsite. Des publicités de la plateforme affichées sur vos pages. Un espace de stockage limité. Aucun nom de domaine à vous.

Ce que ça vous coûte réellement, c’est de la crédibilité. Un artisan dont l’adresse contient le nom d’une plateforme et dont le site affiche des bannières publicitaires envoie un signal : il n’a pas investi 50 € dans son propre nom de domaine. Vos clients ne le formulent pas ainsi, mais ils le ressentent.

Le calcul est vite fait : un nom de domaine coûte une dizaine d’euros par an. C’est probablement le meilleur rapport crédibilité-prix de tout votre budget.

Le cas n° 2 : « le site est offert avec l’abonnement »

Le modèle le plus répandu, et le plus coûteux à long terme.

Une entreprise vous propose un site sans frais de création, contre un abonnement mensuel. Souvent entre 50 et 150 € par mois, engagement de 36 ou 48 mois.

Faisons le calcul. À 90 € par mois sur 48 mois, vous payez 4 320 €. Pour un site vitrine dont la création à prix ferme se situe généralement bien en dessous.

Et à la fin des 48 mois, deux choses : vous ne possédez rien, et l’abonnement continue. Le site s’arrête le jour où vous arrêtez de payer.

Ce n’est pas une arnaque — c’est un modèle de location, parfaitement légal et parfois adapté quand on n’a aucune trésorerie au démarrage. Mais il faut le nommer pour ce qu’il est : vous louez un site, vous ne l’achetez pas.

Les questions à poser avant de signer: quelle est la durée d’engagement réelle ? Que se passe-t-il à la fin ? Le nom de domaine est-il à mon nom ou au vôtre ? Puis-je récupérer mon site si je pars ?

Cette dernière question est la plus importante, et c’est celle où les réponses deviennent souvent floues.

Le cas n° 3 : le site fait par un proche

Votre neveu s’y connaît. Il vous le fait pour rien, ou pour un repas.

Ça marche parfois très bien. Mais le coût caché est le même dans presque tous les cas : la disponibilité.

Deux ans plus tard, votre neveu a un vrai travail, un enfant, et il ne répond plus. Votre site affiche des tarifs de 2023 et une prestation que vous ne faites plus. Vous ne pouvez rien changer parce que vous n’avez ni les accès, ni le savoir-faire.

Le vrai coût, ce n’est pas la création : c’est l’impossibilité de faire vivre le site ensuite.

Si vous choisissez cette voie, exigez trois choses dès le départ : le nom de domaine acheté à votre nom avec vos identifiants, les accès à l’hébergement, et un moyen de modifier vos textes vous-même. Ça ne fâchera personne et ça vous sauvera plus tard.

Le cas n° 4 : le site que vous faites vous-même

Le plus honnête des « gratuits », et souvent un bon choix au démarrage.

Le coût, c’est votre temps. Comptez un week-end complet pour un premier site simple, et plusieurs soirées ensuite pour les ajustements.

La question à se poser est simple : votre heure vaut combien ? Un artisan qui facture 45 € de l’heure et qui passe vingt heures sur son site a « dépensé » 900 € de temps facturable. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise affaire — mais ce n’est pas gratuit.

Le vrai risque n’est pas là. Il est de commencer, de ne jamais finir, et de laisser en ligne pendant trois ans un site à moitié construit qui vous dessert plus qu’il ne vous sert.

Le coût invisible commun à tous : les clients perdus

C’est le poste que personne ne calcule, parce qu’il ne figure sur aucune facture.

Faites l’exercice. Combien vaut un client moyen chez vous ? Un chantier de plomberie, une cuisine posée, une refonte de salle de bain. Mettons 2 000 €.

Si un site mal fichu — trop lent, illisible sur téléphone, sans photos, sans téléphone visible — vous fait perdre un seul client par trimestre, ce sont 8 000 € par an. Sur cinq ans, 40 000 €.

Vous ne verrez jamais ce chiffre nulle part. C’est précisément ce qui le rend dangereux : l’économie faite à la création est visible, la perte ne l’est pas.

La comparaison sur cinq ans

Mettons les choses côte à côte, sur la durée de vie normale d’un site.

Une formule à abonnement à 90 € par mois : environ 5 400 € sur cinq ans, et vous ne possédez rien à la fin.

Une plateforme en libre-service : environ 1 500 € d’abonnement sur cinq ans, plus votre temps, et un site que vous ne pouvez pas emporter ailleurs.

Un site payé une fois : le montant à la création, plus l’hébergement et l’entretien, et il vous appartient. Les ordres de grandeur sont dans notre article sur le prix réel d’un site internet.

Sur deux ans, les formules mensuelles gagnent presque toujours. Sur cinq, elles perdent presque toujours. Votre horizon de raisonnement décide plus que le prix affiché.

La seule question qui compte

Ce n’est pas « combien ça coûte », c’est « qu’est-ce que je possède à la fin ».

Trois éléments doivent être à vous, quoi que vous choisissiez : votre nom de domaine, vos contenus, et vos accès. Si vous avez ces trois-là, vous pouvez toujours changer de prestataire. Si vous n’en avez aucun, vous êtes captif, et le prix n’a plus vraiment d’importance.

Questions fréquentes

Un site à abonnement est-il forcément un mauvais choix ?

Non. Sans trésorerie au démarrage, étaler la dépense a du sens. Ce qui pose problème, c’est l’engagement long sans possibilité de récupérer quoi que ce soit, et le fait que ça continue indéfiniment après avoir largement dépassé le prix d’achat.

Comment savoir si mon nom de domaine m’appartient ?

Cherchez « whois » suivi de votre nom de domaine sur Internet. Vous verrez au nom de qui il est enregistré. Si ce n’est pas vous ou votre entreprise, demandez un transfert — c’est votre droit, et c’est plus simple à faire avant un désaccord qu’après.

Que faire si mon prestataire refuse de me rendre mes accès ?

Le nom de domaine se récupère presque toujours en prouvant votre identité auprès de l’organisme qui le gère. Les contenus, en revanche, sont souvent à reconstituer. D’où l’intérêt de garder une copie de vos textes et de vos photos de votre côté, dès le premier jour.

Un site gratuit peut-il être bien référencé ?

Techniquement oui, mais deux handicaps pèsent : une adresse qui ne vous appartient pas, et des pages souvent plus lentes à cause de la plateforme. Ce n’est pas rédhibitoire au démarrage, ça le devient quand vous voulez vraiment être trouvé.

Vous avez un projet en tête ?Le premier échange est gratuit, et on vous dit franchement ce qu’on ferait — même si ce n’est pas avec nous.

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